Dans le paysage entrepreneurial français, la question du choix du statut juridique est cruciale pour quiconque souhaite lancer son entreprise. Parmi les formes les plus populaires pour la création d’entreprise avec plusieurs associés, la SAS (Société par Actions Simplifiée) et la SARL (Société à Responsabilité Limitée) occupent une place prépondérante. Ces deux structures offrent une responsabilité limitée aux actionnaires, protégeant leur patrimoine personnel, tout en proposant des cadres de gestion très différents. Choisir entre SAS et SARL implique d’analyser en détail plusieurs critères tels que la gouvernance, le régime fiscal, la fiscalité des dividendes, la souplesse de fonctionnement ou encore la facilité d’entrée et de sortie des associés. En 2025, ce choix reste au cœur des préoccupations des entrepreneurs, notamment face aux besoins évolutifs et aux nouveaux défis du marché.
Les deux formes juridiques sont conçues pour accueillir au minimum deux associés, mais peuvent aussi être adaptées pour un porteur de projet seul, via la SASU (version unipersonnelle de la SAS) ou l’EURL (version unipersonnelle de la SARL). Cependant, au-delà de leur similitude apparente, chaque statut offre des particularités marquées qui les rendent plus adaptées à certaines typologies d’entreprises et d’objectifs. Ce guide vous permettra de comprendre ces différences et d’appréhender les enjeux associés à chaque statut, vous aidant à faire un choix éclairé en fonction de la nature de votre projet entrepreneurial.
- Statut juridique : SAS vs SARL, quelles différences essentielles ?
- Régimes sociaux et fiscaux des dirigeants
- Gestion et fonctionnement au quotidien
- Adaptabilité des structures aux projets
- Implications sur la cession et la transmission de parts
Les caractéristiques juridiques fondamentales de la SAS et de la SARL
La différence principale entre la SAS et la SARL réside dans leur cadre juridique et leur souplesse d’organisation. La SARL est strictement encadrée par le Code de commerce, offrant un cadre normé et stable, ce qui en fait un choix rassurant pour les petites et moyennes entreprises, en particulier celles qui ont une organisation familiale. Ses règles organisationnelles standardisées facilitent la prise de décisions collective en assemblée générale et limitent les marges d’erreur dans la rédaction des statuts.
À l’inverse, la SAS est une structure beaucoup plus flexible. Elle offre aux associés la liberté quasi totale de définir les règles de gouvernance et le fonctionnement à inscrire dans les statuts. Ainsi, elle est particulièrement appréciée des start-ups et entreprises en forte croissance qui souhaitent personnaliser leur organisation interne et attirer des investisseurs. Le dirigeant est systématiquement désigné sous le titre de président, tandis que d’autres organes de direction peuvent être intégrés selon les besoins de la société.
Les principaux points de comparaison
| Critère | SAS | SARL |
|---|---|---|
| Définition | Société par actions simplifiée : cadre libre et souple | Société à responsabilité limitée : cadre encadré et normé |
| Nombre d’associés | Minimum 2, sans maximum | Minimum 2, maximum 100 |
| Capital social | Minimum 1 euro, au moins 50 % des apports numéraires doivent être libérés à la création | Minimum 1 euro, au moins 20 % des apports numéraires doivent être libérés à la création |
| Forme du dirigeant | Président, et organes facultatifs | Un ou plusieurs gérants |
| Responsabilité | Limitée aux apports, sauf faute de gestion | Limitée aux apports, sauf faute de gestion |
| Transmission des titres | Actions, libre sauf clause contraire | Parts sociales, cession soumise à agrément |
| Régime social du dirigeant | Assimilé salarié | Gérant majoritaire : travailleur non salarié (TNS) |
| Imposition sur les bénéfices | Impôt sur les sociétés (IS) par défaut, option possible IR 5 premières années | Impôt sur les sociétés (IS) par défaut, option possible IR (SARL de famille) |
Cette comparaison met en lumière les enjeux essentiels du choix entre SAS et SARL. Par exemple, la souplesse offerte par la SAS peut s’avérer vitale pour des entreprises innovantes ou à forte croissance, tandis que la sécurité juridique de la SARL peut rassurer des partenaires et associés dans un environnement plus traditionnel. Enfin, il est toujours recommandé de consulter un professionnel, tel qu’un expert-comptable, pour affiner votre choix selon votre projet spécifique.

Le régime social et fiscal des dirigeants : une différence déterminante
Le régime social du dirigeant constitue l’un des critères majeurs qui influencent le choix entre SAS et SARL. Ce point impacte directement la protection sociale, le niveau des cotisations et la fiscalité personnelle du chef d’entreprise.
Régime du président de SAS : assimilé salarié
Le président d’une SAS bénéficie du régime social des assimilés salariés. Cela signifie qu’il bénéficie quasi intégralement des droits sociaux des salariés, notamment la retraite, la sécurité sociale, la prévoyance et la mutuelle. Cependant, il ne bénéficie pas de l’assurance chômage, sauf en souscrivant une assurance privée complémentaire.
Ce régime, bien que plus coûteux en termes de charges sociales (environ 70 à 80 % du salaire brut), offre un avantage significatif en matière de couverture sociale. Néanmoins, cette protection n’est accordée qu’à condition que le président soit rémunéré. En cas d’absence de rémunération, il ne bénéficie d’aucune protection sociale.
Régime du gérant majoritaire en SARL : travailleur non salarié (TNS)
Le gérant majoritaire d’une SARL est affilié au régime des travailleurs non salariés. Ce régime présente l’avantage de charges sociales plus faibles, environ 45 % du revenu net, mais une protection sociale généralement moins complète. Le gérant TNS doit verser des cotisations minimales même sans rémunération, et ne bénéficie pas de l’assurance chômage. Par ailleurs, en cas d’arrêt maladie ou d’accident, la couverture est moins avantageuse, ce qui peut représenter un risque pour certains entrepreneurs.
Comparaison des régimes sociaux et implications fiscales
| Aspect | Président SAS | Gérant majoritaire SARL |
|---|---|---|
| Type de régime | Assimilé salarié | Travailleur non salarié (TNS) |
| Protection sociale | Haute (retraite, santé, prévoyance) | Limitée, protection moindre en arrêt maladie |
| Charges sociales | 70-80 % du salaire brut | Environ 45 % du revenu net |
| Assurance chômage | Non incluse (à souscrire privé) | Non incluse |
| Obligation de rémunération | Oui pour couverture sociale | Non, mais cotisations minimales dues |
Le choix du régime social doit donc s’inscrire dans une stratégie globale prenant en compte les besoins de protection sociale, les charges supportées, ainsi que la fiscalité globale de la rémunération. Pour les entrepreneurs souhaitant privilégier la protection sociale, la SAS présente des avantages significatifs. À l’inverse, ceux qui privilégient une optimisation des charges peuvent être plus à l’aise dans une SARL.
La flexibilité de gestion et l’organisation des associés
La gestion quotidienne et la structure d’une entreprise reposent sur des décisions collectives. Le cadre d’organisation varie grandement entre SAS et SARL, avec des conséquences sur la prise de décision, le rôle des associés, ainsi que la rédaction des statuts.
Organisation rigide de la SARL : stabilité et sécurité
La SARL offre un cadre de gestion strict, encadré par la loi. Les prises de décisions en assemblée générale suivent un régime légal imposant des règles précises de majorité et de quorum. Le gérant détient des pouvoirs clairement définis, limitant ainsi les risques d’abus ou de conflits. Sa nomination et révocation respectent des règles rigides, ce qui sécurise les associés, notamment dans les entreprises familiales.
Les modifications importantess comme la variation du capital social, les changements statutaires ou la nomination de nouveaux gérants nécessitent des décisions votées en assemblée, assurant ainsi la stabilité de la gouvernance. Toutefois, cette rigidité peut devenir un frein pour des associés souhaitant plus de souplesse ou d’innovation.
La souplesse statutaire de la SAS : personnalisation avancée
La SAS est réputée pour sa liberté d’organisation. Les associés disposent d’une large marge dans la rédaction des statuts, pouvant créer quasiment tout type d’organes (président, directoire, conseil de surveillance) et y attribuer différents pouvoirs.
Ils peuvent moduler la répartition des droits de vote, prévoir des clauses spécifiques sur les modalités de cession d’actions, ou instaurer des règles particulières pour la prise de décision. Cela induit une forte capacité d’adaptation aux modèles économiques innovants et aux structures complexes, que ce soit pour intégrer rapidement des investisseurs ou pour faire évoluer la société.
- Définition libre des règles statutaires
- Possibilité de prévoir des clauses d’exclusion, inaliénabilité, préemption
- Organisation variable des assemblées générales (physiques, écrites, électroniques)
- Mécanismes permettant d’éviter les blocages en cas de conflit
Cette liberté, bien que précieuse, nécessite une attention particulière lors de la rédaction des statuts, afin d’éviter les éventuels conflits entre associés ou des zones d’ombre juridiques. Les associés sont ainsi invités à se faire accompagner par un juriste spécialisé.

Quels projets privilégier pour une SAS ou une SARL ?
Le choix du statut juridique ne peut se faire sans tenir compte de la nature, des ambitions et des spécificités du projet entrepreneurial. Certaines prestations ou secteurs tendent à favoriser l’une des deux structures.
Projets à forte croissance ou à levée de fonds : SAS privilégiée
La SAS s’adapte parfaitement à des entreprises visant une croissance rapide ou une expansion internationale. Sa flexibilité juridique facilite l’entrée d’investisseurs et la levée de fonds, notamment grâce à la possibilité d’émettre différents types d’actions, incluant les actions préférentielles. Dans les secteurs innovants comme la tech ou les services numériques, la SAS est majoritairement privilégiée.
Les entrepreneurs souhaitant intégrer rapidement de nouveaux associés ou prévoir des évolutions fréquentes du capital social trouvent également dans la SAS une structure adaptée. De plus, l’allègement des formalités lors de la cession d’actions, avec un taux réduit sur les droits d’enregistrement à 0.1 %, est un avantage non négligeable.
Projets traditionnels ou familiaux : SARL sécurisante
La SARL est idéale pour les entreprises familiales ou artisanales, souvent à taille humaine, où la gestion s’appuie sur une relation de confiance entre associés. La limitation du nombre d’associés à 100 et les règles strictes d’agrément lors de cession de parts renforcent la stabilité de l’actionnariat sur le long terme.
Pour les entrepreneurs souhaitant éviter les formalismes complexes, la SARL offre un cadre normé sécurisé, évitant ainsi les risques liés à une rédaction statutaire trop libre. Enfin, cette forme juridique est recommandée en cas de budget de démarrage limité ou d’activité dont la croissance est prévue modérée.
| Types de projets | Statut recommandé | Principaux avantages |
|---|---|---|
| Start-ups innovantes, levée de fonds | SAS | Flexibilité, facilitation des investissements, organisation évolutive |
| PME familiales, artisanat, commerce local | SARL | Cadre sécurisé, protection des associés, formalités simplifiées |
| Consultants, services numériques | SAS ou SARL selon préférence | Liberté de gestion avec SAS, simplicité et cadre légal avec SARL |
| Activités avec contraintes réglementaires spécifiques | SEL (Société d’Exercice Libéral) | Adaptée aux professions réglementées (médecins, avocats) |
Il est par ailleurs essentiel de noter que certains secteurs, notamment médical, juridique ou comptable, imposent des statuts spécifiques comme le SELARL ou SELAS. Dans ce cadre, ni la SAS, ni la SARL ne conviennent. Pour approfondir les questions sur ces réglementations, vous pouvez consulter notre article sur l’ouverture d’entreprise dans des secteurs réglementés.
Les démarches administratives et fiscales pour créer une SAS ou une SARL
La création d’une société, qu’il s’agisse d’une SAS ou d’une SARL, suit des étapes similaires mais avec des spécificités qui méritent d’être comprises afin d’optimiser la mise en place de votre entreprise.
Étapes clés communes
- Rédaction des statuts : cruciale pour définir l’organisation, les pouvoirs du dirigeant, le capital social et les droits des associés.
- Constitution du capital social : dépôt sur un compte bancaire ou via un notaire, pour les apports en nature.
- Publication d’un avis de constitution dans un journal d’annonces légales (JAL).
- Dépôt du dossier de création auprès du Tribunal de commerce ou via le Guichet unique INPI.
- Obtention de l’extrait Kbis attestant la création officielle de la société.
Différences notables dans le processus
La rédaction des statuts est plus libre en SAS, ce qui nécessite souvent un accompagnement juridique pour éviter les erreurs lourdes de conséquences. En SARL, la forme est standardisée, ce qui simplifie la démarche pour les entrepreneurs peu aguerris.
Le capital social minimum étant de 1 euro pour les deux structures, il est recommandé d’établir un capital plus conséquent pour renforcer la crédibilité auprès des partenaires financiers.
Pour les apports en nature importants (valeur supérieure à 30 000 euros ou représentant plus de 50 % du capital), un commissaire aux apports doit être désigné dans les deux structures, afin d’évaluer ces biens de manière objective.
| Étapes de création | SAS | SARL |
|---|---|---|
| Rédaction des statuts | Libre, sur mesure, souvent nécessitant un juriste | Modèle encadré, simplifié |
| Dépôt du capital | Au moins 50 % à la création | Au moins 20 % à la création |
| Publication JAL | Obligatoire | Obligatoire |
| Dépôt dossier INPI | Obligatoire | Obligatoire |
| Obtention Kbis | 7 à 15 jours | 7 à 15 jours |
La durée moyenne pour obtenir l’extrait Kbis est de 7 à 15 jours dans les deux cas, avec un coût global avoisinant 250 à 300 euros hors conseils. Un accompagnement spécialisé permet d’éviter des erreurs fréquentes lors de la création d’entreprise, notamment pour les start-ups, dont les spécificités sont abordées en détail dans notre dossier dédié.

Peut-on passer d’une SARL à une SAS ?
Oui, il est possible de transformer une SARL en SAS. Cette transformation nécessite cependant des formalités juridiques spécifiques, telles que la modification des statuts, la publication d’un avis de transformation et parfois des conséquences fiscales à anticiper. Cet acte peut s’avérer avantageux en cas de croissance rapide de la société.
Quel est le régime social du dirigeant d’une SAS ?
Le président de SAS relève du régime des assimilés salariés, ce qui signifie qu’il bénéficie d’une protection sociale comparable à celle des salariés, à condition de percevoir une rémunération.
Comment se transmettent les parts dans une SARL ?
Dans une SARL, les parts sociales sont soumises à l’agrément des autres associés pour toute cession à des tiers, ce qui protège les associés d’une entrée non désirée dans le capital.
Quelles sont les formalités pour créer une SAS ?
La création d’une SAS comprend la rédaction des statuts personnalisés, le dépôt du capital social à hauteur d’au moins 50 % à la création, la publication d’un avis légal, le dépôt du dossier au greffe et l’obtention de l’extrait Kbis.
Quel statut choisir pour une start-up ?
La SAS est généralement recommandée pour les start-ups en raison de sa grande souplesse juridique, de la facilité d’entrée des investisseurs et des possibilités d’adapter l’organisation aux évolutions du marché.
Choisir entre SAS ou SARL revient à définir la trajectoire souhaitée pour votre entreprise, vos ambitions personnelles et celles de vos associés. Chaque statut présente des avantages distincts qui doivent être pesés soigneusement avant de lancer votre activité.

